Pas facile ces derniers temps de se concentrer sur quelque chose. Mais on repart…doucement…

J’inaugure la catégorie « cosmétiques » avec ce qui sera le fil conducteur des prochains articles à venir dans cette partie du blog : le savon. J’en fabrique depuis un peu plus de cinq ans maintenant. Il n’y a plus que ça à la maison!!
Etant donné que j’ai initié les copains à mes bulles, je voulais également vous faire découvrir cet univers. Surtout vu ce que l’on trouve aujourd’hui dans le commerce…

Mais, avant tout chose, commençons par le commencement :

 

C’est quoi, un savon?

Un savon, c’est le résultat d’une réaction chimique : le mélange d’une « base », composée de soude caustique ou  de potasse, dissous dans l’eau, à des corps gras (huiles ou beurres végétaux, graisses animales) qui va générer cette réaction chimique que l’on appelle saponification et qui va produire notre fameux savon et sa glycérine naturelle. Mais je vous rassure, un bon savon ne contient plus aucune trace de soude ou de potasse, la totalité de ces dernières étant transformée pendant le processus.

Les huiles utilisées sont généralement dosées en excès dans le savon (vous retrouverez souvent la notion de « surgraissage », « savon surgras »). Combinées à la glycérine, le savon artisanal s’avère donc beaucoup plus doux pour la peau comparé aux produits beurks du commerce.

savons naturels par saponification à froid

Il existe plusieurs façons de réaliser du savon. Je vais m’attarder sur quelques-uns de ces procédés.

 

Les différents procédés de fabrication

La saponification à froid  :

Ce procédé est celui que j’utilise quasi tout le temps! C’est ma technique par excellence. On mélange la solution de soude aux matières grasses jusqu’à l’obtention d’une pâte.

On peut y intégrer des argiles, des plantes, des colorants de toute sorte et les parfumer avec des huiles essentielles, des parfums synthétiques…La liberté est assez grande.

On verse le tout dans un moule, on le laisse tranquille quelques jours (en général, au minimum 24h), on démoule, on découpe et voilà le résultat!

savons par procédé de saponification à froid

Un temps de cure sera nécessaire, d’au moins un mois, afin que l’excédent d’eau s’évapore et que le savon sèche.
Je reviendrai plus en détails sur cette méthode dans un futur article.

 

La méthode à chaud dite ITMHP (de l’anglais In the Mold Hot Process) :

La pâte à savon, contrairement au procédé à froid, est chauffée pendant plusieurs heures (au four généralement) tout de suite après avoir été coulée dans son moule, afin d’accélérer le processus de saponification.

Cette méthode permet une utilisation immédiate du savon. Toutefois, il est préférable de le laisser tranquille quelques jours, voire quelques semaines, pour éviter qu’il ne fonde comme neige au soleil sous la douche!

Je n’utilise pas cette méthode car je trouve que le rendu est différent du savon à froid au niveau de la texture, plus gras au toucher (du moins, mon rendu!). Affaire de goût, tout simplement. Mais ça reste pratique quand on a une urgence savonnesque!

La reine du « Safour » comme elle l’a renommé, c’est sans conteste ma Coco

 

La méthode à chaud dite au  chaudron :

C’est le procédé utilisé pour le fameux savon de marseille! Il y aurait beaucoup à dire sur ce savon (parce que NON…un savon de Marseille, à la douce odeur de kiwi ou de fraise, bleu, vert, jaune fluo ou rouge, n’est PAS un savon issu de ce procédé!!!!!!! Mais je m’y attarderai également plus tard, promis).

Pour résumer, la pâte à savon est cuite dans de gros chaudrons, rincée à l’eau salée (pour évacuer l’excédent de soude n’ayant pas réagit avec les huiles et les impuretés), re-cuite et re-rincée plusieurs fois, avant d’être coulée dans d’énormes moules à même le sol.

fabrication savon de marseille

On peut essayer de reproduire ce procédé à la maison dans une casserole! J’ai découvert ce procédé grâce à Michèle, du blog collectif Potions et Chaudron, à travers son livre. Mais soyons clairs, ça n’est PAS du savon de marseille! (mais on s’amuse quoi!)

 

La méthode du savon à fondre dite Melt & Pour :

Alors j’avoue ne jamais avoir expérimenté cette méthode. On achète une base de savon prêtes à l’emploi, qu’il suffit de faire fondre pour les personnaliser (couleur, parfum…). Ca permet d’éviter de manipuler la soude et s’avère  assez ludique (comme activité avec les enfants par exemple).

Etant donné que j’ai débuté avec la soude, je n’ai jamais trouvé d’intérêt à acheter ce « tout-fait ». Mais d’autres savonnières ont su parfaitement exploiter cette matière. La douce et talentueuse Irène réalise de magnifiques bijoux en mélangeant les différentes méthodes de fabrication.

 

Le (véritable) savon liquide :

Il est réalisé non pas à partir de soude caustique mais de potasse. C’est un procédé un peu plus long mais qui permet d’obtenir une pâte de savon (comme le savon noir), du savon liquide au gel douche, en passant par des savons crèmes…Bref…Tout un programme! Je n’utilise plus que ça comme gel douche/shampoing. Mes cheveux adorent et c’est quand même plus pratique à transporter (toujours affaire de goût!)

savon liquide à base de potasse

 

Et tous les autres !

Et oui, car ça ne s’arrête pas là! On trouve également :

  • des savons fouettés : ils comportent un très gros pourcentage de beurres. On monte le mélange de corps gras (huiles et beurres) comme une chantilly!
  • des savons transparents : on ajoute de l’alcool à la pâte à savon afin de lui donner sa transparence. Donc à éviter sans aucune expérience!! Le rendu est moins doux je trouve (toujours affaire de goût!!)
  • des savons crèmes : un mélange de soude caustique et de potasse permet de réaliser des textures crèmes assez exceptionnelles (comme pour la mousse à raser par exemple). Une refonte de savon permet également d’obtenir une texture similaire.
  • la refonte : on met à fondre ses restes de savons tels quels ou en y ajoutant les additifs que l’on souhaite et on reforme un nouveau savon. Très économique!
  • des savons feutrés : des savons enrobés de laine feutrée qui donne une mousse onctueuse…hum….

Et dans le commerce alors, comment s’y retrouve-t-on????

Ahhhhhhhhhhh oui…Long débat entre les puristes du « vrai »savon et…les autres (je fais partie de la 1ère catégorie, vous vous en doutez)!!

Mais pour vous y retrouver un peu plus facilement dans toute cette jungle commerciale, il vous suffira de vérifier la liste des ingrédients! (oui, oui, ce qui est écrit en tout petit, vous savez, longue comme le bras!!)

Sur l’emballage doit figurer la liste des ingrédients qui compose le produit, dans l’ordre décroissant des quantités des matières utilisées, la fameuse liste INCI.

INCI
©photo : consoglobe

Concrètement, la composition des savons à base d’huiles saponifiées à la soude caustique commence généralement par « sodium …….ate« . Les savons à base d’huiles saponifiées à la potasse ont une composition qui commence par « potassium …..ate« .

Il reste toutefois possible de déclarer les matières 1ères de départ et non les huiles saponifiées. Par exemple, l’huile d’olive sera indiquée comme ceci « olea europaea oil » plutôt que l’huile saponifiée, « sodium olivate« .

MAIS, voici un exemple de ce qu’on retrouve souvent dans les savons industriels: « sodium tallowate » pour la graisse de boeuf ou « sodium palmate » pour l’huile de palme. Ce sont certes des huiles et graisses saponifiées mais généralement issues de base de savons en morceaux (les bondillons), dont la quasi totalité de la glycérine a été retirée (voire complètement) pour être revendue indépendamment (plus rentable). Les industriels achètent ces bondillons auxquels ils ajoutent de « bonnes huiles ou actifs superpuissants » (c’est généralement ce qui est mis en avant!) pour mieux vendre. Oui, mais en infime quantité!! Donc si vous voyez que le beurre de karité si joliment vanté sur l’emballage se trouve en queue de peloton, oubliez ce savon, passez à autre chose!!

Les autres, les fameux pains dermatologiques, les gels douche « douceur et peau de velours » et autres plaisirs des sens industriels (vous sentez mon énervement là??) sont, pour certains (bah oui, pas de généralité, ça existe les entreprises qui vendent de bons produits!!), constitués de tensioactifs, conservateurs et colorants issus de la pétrochimie, autant nuisibles pour notre santé que pour l’environnement

Je vous renvoie vers un comparatif sur le site La vérité sur les cosmétiques très bien fait et vraiment bien parlant (et le livre est tout aussi bien d’ailleurs). Et si vous souhaitez vous amuser à tester un de vos produit, sur ce même site, il vous suffit de rentrer la liste de vos ingrédients, ICI. Vous risquez d’avoir quelques surprises!

Voilà, maintenant que les bases sont posées, vous saurez de quoi je parle maintenant!

 

Un cosmétique à part entière : le savon
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4 pesnées sur “Un cosmétique à part entière : le savon

  • 24 avril 2016 à 11:30
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    Je suis arrivée sur ton blog par le biais de celui de « Serial Fileuse »…. Je vois que nous avons pas mal de passions communes ! La laine et je viens de m’essayer au savon liquide (mais à base de savon de Marseille rapé et de beurre de karité artisanal) et également de savon à partir de refonte de petits savons du commerce pour un premier test……. ils sont moches et plein de produits toxiques du coup mais bon je teste !
    En tout cas merci pour ton article qui est trèèès intéressant !
    A bientôt !

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    • 24 avril 2016 à 23:00
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      Coucou Nat, merci de ta visite et bienvenue alors!
      J’ai l’impression qu’on finit toutes par emprunter le même chemin! La recherche du bon, tout simplement!
      Ravie que cet article t’ait plu. Je vais essayer d’étoffer cette rubrique un peu plus dans les mois à venir!
      A bientôt

      Répondre
    • 24 novembre 2015 à 18:42
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      Merci! Bah de rien, ça m’aurait été difficile de ne pas te mentionner!!
      Bisous

      Répondre

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